Le covenant

J’ai construit ma ville françaiseDans les marais aux alluvions d’un fleuveÉtroit et impétueux habité par un dragonAvec lequel j’ai fait un covenantSigné de sang de mon côtéDe lave brûlante du côté du monstreQui est censé gérer ma relation avec la langueEn balançant entre le feu et le glacierEntre la déchirure et la tendresseLes mâts des mots et les nœuds de l’onomatopéeDans ce traité, les deux parties s’accordentAprès en avoir longuement discuté, sur les points clésIndiqués ci-dessous Un : je ne parle pas russe Deux : le russe ne me dérange pas Trois : on est libre d’écrire à son gré … Continue reading Le covenant

Un reflet

Un reflet du tronc noir qui se tortueEn synchronie avec un chant du pinsonLà où les couleurs s’entrelacent et s’entretuentEt où l’on pense apercevoir les ondes Les orifices d’une soirée en sépiaOù s’insèrent les bras en azur clairPour écoper tant que faire se peutL’eau noire du crépuscule qui s’insinue Dans l’immensité du jour qui s’en vaPar les fissures entre les façadesDont un minime morceau peut-être sauvaLa main du faiseur de selfies Les cyprès le marbre les herbes la chaleurLes antennes les briques un supermarché ferméUn nuage oblique étiré entre l’orange et le bleuEt bien d’autres choses qu’on ne sait pas … Continue reading Un reflet

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Un nuage en forme de baleineUn nuage en forme d’un squelette de baleineLes nuages qui mangentLes nuages qui évacuentL’excès de l’électricitéSur la citéLes nuages qui passentLes nuages musclesLes nuages dosLes nuages nuquesLes nuages marteauxLes nuages baisersLes nuages chapeauxLes nuages sans formeLes nuages cœursLes nuages qui s’entrelacentLes nuages qui se blottissent à l’azurLe faisant céladonSi rosesSi douxSi lentsQu’on ressusciteSur le point où vacille la nuitL’amour et son tissuQui ont les mêmes couleurs Continue reading ***

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Une vie qui point d’un corpsD’un corps qui se perche par la fenêtreLa fenêtre faite dans un siècleUn siècle qui point aussiD’une masse des sièclesFaisant des cerclesSur la surface d’on ne sait quoiMais qui est là là on est sûrCe qui fait que les nuages lentsSe coupent en formes rectangulairesEt que la silhouette d’une femmeSe mue en silhouette d’un cygneEt que le cygne devient l’IrlandeEt que le vert devient plus sombreEt les fenêtres deviennent orangesEt les murs mouillées se blottissentL’un contre l’autre comme les corpsDes couples in loveDes souverains fousDes soldats mortsDes point-virgulesDes textes classiquesQu’on écrit au moment même de … Continue reading ***

Un trou bleu

Un trou bleu sur le ciel troubléUn pinson qui fait signe au sapiensUn mercenaire des airs ambivalentsQue l’horizon essaie d’assassinerMais les lilas mais les tilleuls mais les bouleauxLe font renaître de leurs entrailles mauvesEn aspergeant la masse nébuleuseMortellement mitraillée par le bleuDes silhouettes ailées qui s’accélèrentÀ mesure que le bleu se fonceEt que le rouge épuise ses ressourcesDe rougissement et le noir surgitDes fissures entre les façades et les façadesQu’on appelle ciel même si l’on dit ça en souriantCar on ne dit pas ciel dans le contexte socialPinson on ne dit pas non plus ni sapiensMercenaire si mais c’est une … Continue reading Un trou bleu

En cas de chaos

En cas de chaosNe bougez pas trop viteRestez calme et limpideRestez dense et solideNe vous vaporisez pasEt veillez que les yeuxNe sortent pas des orbitesOù ils sont déposésPar les forces du hasardEt un peu par les autresCelles de nécessitéEt de morositéDes affaires terrestresEt aussi de l’intérêtTout à fait naturelPour les choses qui sortentDes personnes et des autresChoses qui se produisentQuand personnes se rencontrentEt les autres encoreQu’il serait trop encombrantDe mentionner iciCar le message est clairEn cas de chaosNe quittez pas votre corpsN’écoutez que votre cœurNe goutez pas de vodkaDe panique qu’on vous offreMais plutôt du décafOf the fuck you don’t … Continue reading En cas de chaos

Un bout de tramway

Un bout de tramwayQui se diminuePrès de la tête d’un passagerEt qui s’en va dans ses penséesSe diluant dans la lumièreD’un jour férié qui se lèveQui se déballe et se déploieQui tire les glissières des ruesMontrant le corps intact d’azurUn bout de tramway dans les penséesD’un passager solitaireQue je ne pourrai jamais percerCar passager est protégéPar l’omerta de la conscienceQu’il a signé avec son sangAu moment même de sa naissanceAvant même de comprendre le sensDes mots des sons et du silenceDes petites taches de lumièreQui courent partout sur la surfaceImmense des seins de sa mèreAvant d’apprendre comment bougerCe qui est … Continue reading Un bout de tramway

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Un train de marchandise qu’une forêt suce de l’autreUn pont troué qui y assiste en bavant d’un fleuveAu-dessus de cela les nuages en forme d’escargotsEt l’horizon rongé par les villages mauves L’image dans l’image que j’aperçois sous l’arc du viaducLe fleuve qui se fige en s’éloignantLe Moyen Âge que me parle si long et douxDerrière le verre de l’irréversible d’où la Lune miroite Les ombres les ombres les ombres les ombres les ombresDes arbres des arbres des arbres des arbres des arbresLe souffle le souffle le souffle le souffle le souffleDes gens des gens des gens des gens des gensJe … Continue reading ***

La forme

Comment sépare-t-on la forme d’une femmeQui se détache de la forme d’une flaqueSur l’asphalte mou où spiralent les pharesEt les sirènes excitent les résonancesLe mois de janvier touche à sa finLa femme touche à ses lèvresLes lèvres embouchent l’airL’air qui s’étale jusqu’aux bords d’un squareQui lui a l’air qui a l’airD’une baignoire où met la nuit venueLe moignon de son bras l’horizon nuQu’a recouvert le joaillier de BerlinDe ses arrondissements comme des guirlandesL’œuvre d’art l’œuvre d’artCelle qui marche et qui rompeCelle qui sort et qui rentreCelle du blanc et du noirDes sourires des larmesDe l’urine du marbreDe l’arabe et de … Continue reading La forme

Le chant d’oiseau qui reste après que le train est passéLe rouge qui reste après que l’azur s’est déployéL’immensité qui reste après que l’œuf s’est casséEntre les mains aimées qui restent là Là où les océans sont verts et les baraques bleuesLe vent absent et les fenêtres éparsesDans un paysage long et inintéressantOù l’on est seul et où l’on lit Jules Verne Qui sonne bizarrement semblable à vérandaOù l’on le lit et où étend ses raisLe soleil fraîchement peint d’une touche du pinceauDans la main de celui des grands-parents Qui parle le moins mais qui finit par être le plus … Continue reading