Le chant d’oiseau qui reste après que le train est passé
Le rouge qui reste après que l’azur s’est déployé
L’immensité qui reste après que l’œuf s’est cassé
Entre les mains aimées qui restent là
Là où les océans sont verts et les baraques bleues
Le vent absent et les fenêtres éparses
Dans un paysage long et inintéressant
Où l’on est seul et où l’on lit Jules Verne
Qui sonne bizarrement semblable à véranda
Où l’on le lit et où étend ses rais
Le soleil fraîchement peint d’une touche du pinceau
Dans la main de celui des grands-parents
Qui parle le moins mais qui finit par être le plus aimé
Les grappes de groseille qu’il met dans chaque carrée de la vitre
Le vert des feuilles si éclatant l’azur si clair les pins si hauts les avions si nets
C’est par hasard ou c’est exprès ?
Je ne sais pas. Les fenêtres éparses
Le train qui passe
L’avion qui coule
La langue qui tourne
La forme d’une groseille
Le rouge qui gicle
L’oiseau qui sonne
L’immensité qui suinte
Si prosaïque mais encore rimée
D’une fissure mince
D’où sort l’odeur des crêpes
Mais les mains elles
Restent là