La beauté
C’est la simplicité
Multipliée par la fragilité
Multipliée par la sagacité
Multipliée par la mortalité
Factorielle
Puissance lumière livide qui suinte
De la fenêtre entrouverte les stores
À demi fermés les silhouettes l’arabe
Un hurlement qui se transforme en rire
Multiplié par les courbures d’une rue
Par les rayons stériles d’un lampadaire
Perçant la transparence dont la parole
Se met suivant les pas prudents
Dans l’appareil de l’âme qui aperçoit
Une
toile d’araignée se séparant
Du ciel noirci quand la source de lumière
Est obturée par la mince feuille de lilas
Son aréole la voix d’une femme qui parle russe
L’éparpillement des pas rapides les étoiles sombres
Multipliées par les garçons qui les regardent
Multipliées par les mères singles qui les regardent
Multipliées par jeunes couples qui se retrouvent
Multipliées par les amis qui se reparlent
Multipliées par les amours qui se répètent
Par les mouvements des lèvres qui récitent
Catulle par le nombre des pas qui résonnent
Dans les arrondissements à la nuit tendre livrés
Factorielle
Moins un pour un souvenir d’enfance
La beauté est tout ce qui reste