Transatlantique

Qu’est-ce que c’est que ce mot « transatlantique » ?
Qu’est-ce qu’il y a là-dedans ?
Quelque chose comme gonflable
Quelque chose comme bleu clair
Quelque chose comme Laval comme Québec
Quelque chose de léger
De volatil
Qui traverse le bleu clair en s’effilant un peu
Comme un long nuage qui maquille
L’horizon martien du Portugal
Comme un aqueduc romain interrompu par le soleil couchant
Un peu comme la lumière d’un soir condamné
De mi-septembre dans le feuillage joufflu
Je n’ai pas d’autre mot parce que là on entre en jeu
Où les objets s’amollissent et le langage se casse le dos
Transatlantique un peu comme courbé mais pas trop
Comme l’aqueduc dont la forme devient volatile
Comme un nuage qui n’est qu’un contour de nuage
Ayant perdu tout son contenu un peu comme dessiné
Comme un magnétophone non éteint
Un parleur de volapük
Une canne à sardines
Un piano plongé
Dans les ondes de bleu clair les résonances
Dans les fosses marines les bancs de poissons dérangés
Le sable les eaux limpides la peau pâle les panneaux
Les rayons du soleil les rangées des boîtes à conserves le fusible qui saute
L’arbre dont les troncs comme écrivent sur le capot d’un Buick
Transatlantique
C’est un peu comme ça