L’érable qui recueille le clair de lune
Qui ne le secoue pas le laisse jusqu’au matin
Où il s’évaporera comme du shampooing sec
Les voitures qui recueillent les reflets de luminaires
Et l’asphalte lui les ombres de fire escapes
L’Amérique qui accueille ton âme furtive
L’autobus qui arrange les voix errantes
En rectangles où la parole dort
Un peu de lumière un peu de nuit fraîche
Un nuage mince traverse la Lune galbée
Ramenant le parfum à ta mémoire
Un espace noir entre deux arbres qui forme
Une nouvelle Inde c’est vrai que c’est un espace
Entre deux arbres mais pour toi c’est un continent
Contenant les étoiles les essais
Les lieux de prière dans les aéroports
Le verglas les maisons qui comme s’inclinent
Quand le bus monte le Russian Hill vers Folsom Street
Les portiques qui encadrent le paysage
Rien à voir la Lune les arbres les cordes
Électriques sizzling like a snare
Reste icitte te dit la voix soudaine et rauque
D’un ami longtemps éliminé
Chuchotant dans ton oreille ouverte
Aux slavismes tant que l’esprit rêvasse
Par le vin distrait la Lune enfin retire
Un morceau d’étoffe cernant son maigre torse
Les étoiles se mettent au-dessus de la toiture
Et Venus te lance son sobre regard