Madrid est un lieu où l’amour d’Angéline renait
Où le turquoise se marie avec l’orange et le soleil s’explose
En envoyant les cordes les grilles les antennes
Dans toutes les directions
Une supérette au premier étage
Le ciel qui coule qui tombe par gros morceaux
Le vendeur qui regarde sa montre
Le froid qui émane des grands frigos
La route la grande route la très grande route
Le bruit le grand bruit le fameux grand bruit
Les gens les voitures les objets les paroles
Les gestes les coins des lèvres le rouge le givré le bleu
Sa douceur si saillante si asphyxiante
Son sourire si suintant si lascif si onctueux
Sa forme se fermant avec celle du back seat
Pour faire jaillir les ondes et les moans
L’asphalte le mensonge le parquet la poussière
Les cigarettes les paroles les cheveux qu’on enlève de la bouche
Les mains étirées les jurons les pauses les baisers
L’amour le silence les jeans la chaleur le bus
Madrid est un lieu où l’amour d’Angéline renait
Où le turquoise et l’orange se figent au-dessus des toits rouges
Et les portes de métro et le son amplifié d’escarpins
De la transparence nette ressuscitent les contours de ses genoux