Un tableau

Le rouge l’orange le mauve l’azurL’aigue-marine le presque vertLe vert vraiment le vert à peineSorti du corps du bleu foncéLe vert pistache le vert poireauLe vert tilleul le vert printempsLe vert dont on ignore le nomQui n’existe que dans ce poèmeL’orange s’en va le jaune persisteLes cheminées le seul objetSuffisamment chargé du sensQui est admis sur ce tableauLes gouttes qui coulent le rouge c’est denseAh oui les antennes elles aussiElles sont admises car elles sont mincesEt les insectes et les personnesSauf celles qui scellent les rideauxMais à part cela c’est tout le nuageQui forme une tête de hérissonUne partition que … Continue reading Un tableau

La douceur qui fait presque pleurer

La douceur qui fait presque pleurerLa finesse qui fait presque mourirEt renaitre de feuilles du hêtreQui s’entrelacent en formes des cœursEt en formes des gouttesEt en formes des cerclesEt en formes qui ne ressemblent à rienRenaitre c’est simpleRenaitre c’est mouC’est ardent ombragé sablonneuxC’est bizarre éclatant poussiéreux irisantComme de l’eau qui irrigue les alléesRenaitre c’est simpleIl suffit d’arrêterSur un sentier du parc qui se coupePar des crevasses du jour toujours plus minces il sembleIllusion mais au fond ça suffitSe renaitre c’est mettreLe soleil derrièreUn grand tronc puis se mettre à mouvoirC’est un peu comme les gammes sauf que les doigts c’est … Continue reading La douceur qui fait presque pleurer

Свидетельство о рождении

В процессе получения немецкого паспорта потребовалось перевыпустить свидетельство о рождении, имевшее на обложке слегка выцветший земной шар в лучах Амона с падающими на него серпом и молотом и полярной звездой в обрамлении колосьев, которые, должно быть, уже в момент выпуска выглядели смешными и нелепыми — точно так же, как профили вождей и красные знамена, как слова «Совет народных комиссаров» и прочий вокабулярий из эпохи конных красноармейцев, чья кровь и отвага уже полвека как растворились в бульоне с неясным вкусом чего-то родного, плескавшемся между стенами неуклюжих панельных зданий теплым июньским утром, смешиваясь с нотами сливочного масла, накрахмаленного медицинского халата и свежих … Continue reading Свидетельство о рождении

No tengo amigos

No tengo amigos. Realmente, ningunos. Pensaba que tuve algunos, pero, realmente, resulta que no. No sé si es algo bueno o malo. Pienso que no es ni bueno, ni malo. Es neutro. «Neutro» proviene de la palabra latina «neuter» que significa, justamente, «ni uno, ni otro» — nada más. No se trata de una tercera opción, de una cosa extraña, de una quimera, de algo indefinido — no, simplemente, ni uno, ni otro. Me parece que es así, no tener amigos. No es ni uno, ni otro. Ni carne, ni pescado. Ni chicha, ni limonada. Ni coger impulsivamente tu móvil … Continue reading No tengo amigos

Éclat

Est-ce que la personne qui concevait le slogan « Protégez votre éclat » pour une marque de crème solaire pensait du contexte dans lequel il allait s’encadrer quelque part dans le monde, pour exemple, dans une vitrine sur une rue agitée de Montréal mouillé et pluvieux, mais toujours brillant, éclatant — protégeant ? — qui s’étend devant les yeux d’un nouvel arrivant, ce petit point — vu des toits — ce passant longiligne et maigre, qui se dresse sur l’intersection du boulevard René-Lévesque et la rue Sainte-Catherine, en prenant de drôles des poses, l’une plus artificielle et incommode que l’autre, … Continue reading Éclat

Banane

Quand tu vois une de ces bananes, qu’on peut parfois trouver dans une épicerie du coin, un de ses fruits de taille modeste, tachés du brun, avec un autocollant qui ne provient d’aucune de grandes marques et qui a un design naïf, presque enfantin, comme si faisant écho à un culte polythéiste supplanté par le christianisme il y a trois siècles, les noms et les logos qui semblent soigneusement dessinés, découpés et collés à la main, avec des doigts rugueux, recouverts de grains de terre et baignées de l’eau peu limpide qui gicle d’un tuyau bleu délavé tortillant entre les … Continue reading Banane

La nuit dans la cuisine

La nuit dans la cuisine canadienneDont effleurent les détails les phares de routeLe tapis le sofa l’écran de téléRien à voir personne à l’écoute L’immensité de ce silence qui émancipeLa pensée de celui qui s’y gareLa fragilité des verres qui durcitL’ombre du contemplateur gracile La blancheur d’étiquettes dans la pantryEt celle des dents dans un sourire incertainLa baie vitrée qui fait pénétrerLe noir dans le vert et vice versa La énième variation sur le thème classiqueUn essuie-tout froissé un pot inachevéDu beurre de cacahuète le bleu transatlantiqueLe bruit d’avion de chasse qui revient La pile d’assiettes abimées par la LuneLes … Continue reading La nuit dans la cuisine

Угловой дом

Угловой дом в Вырице. Белые штрихи забора на черных штрихах. Голубое небо между кусочками зелени, черное пятно компостной кучи, красное пятно туалета. Прозрачность веранды, неподвижность метлы на крыльце. Пластмассовый стул на мокрой осоке в саду, на нем силуэт человека, читающего Чехова. Что еще может читать человек, чилящий на пластик чейре в такой час? Когда над участком ползут, скучиваясь и рассредоточиваясь, легкие булки-облака, превращаясь то в Америку, то в Соединенное Королевство, то в слегка наклоненную шею Анадиомены, то в запрокинутую голову кокаинистки, когда их жесткие сестры-машины чуть быстрее ползут по горячему асфальту и шуршащему гравию, то приближаясь, то удаляясь, но никогда … Continue reading Угловой дом

Terminator

La semana pasada he visto «Terminator 2» en la sala Ciné Doré en Madrid, donde muestran las pelis clásicas — una sala enorme, con ornamentación de estuco en el techo, el techo también altísimo, azul, con líneas doradas que cuasi inmediatamente me recordaron a una catedral. Los palcos con barandillas de madera, la platea que se transforme en un cúmulo extraño de formas rotondas cuando las luces amarillas de lámparas se apagan y la luz lunar de la pantalla ilumina las cabezas congeladas. El logo de «Carolco», el azul lunar sobre el negro imperfecto del espacio negativo de los años … Continue reading Terminator

Una cosa

Si hay una cosa, querida España, que yo puedo decirte después de haber pasado a tu lado una cantidad de tiempo absolutamente insuficiente para juzgarte, pero, eso sí, suficiente para enamorarme, desilusionarme y enamorarme otra vez condicionalmente, si hay un tema que me hubiera gustado abordar, un detalle que querría comentar, una cosita que— ahora te lo digo, coño, tía. ¡Por favor, aprende ya español! ¿Qué? Pues eso, lo he dicho. Si te soy sincero, no lo puedo soportar más. Ya me he quejado en todos los bares de Madrid, a todos mis amigos, a los camareros, a los desconocidos, … Continue reading Una cosa