Terminator

La semana pasada he visto «Terminator 2» en la sala Ciné Doré en Madrid, donde muestran las pelis clásicas — una sala enorme, con ornamentación de estuco en el techo, el techo también altísimo, azul, con líneas doradas que cuasi inmediatamente me recordaron a una catedral. Los palcos con barandillas de madera, la platea que se transforme en un cúmulo extraño de formas rotondas cuando las luces amarillas de lámparas se apagan y la luz lunar de la pantalla ilumina las cabezas congeladas. El logo de «Carolco», el azul lunar sobre el negro imperfecto del espacio negativo de los años … Continue reading Terminator

Una cosa

Si hay una cosa, querida España, que yo puedo decirte después de haber pasado a tu lado una cantidad de tiempo absolutamente insuficiente para juzgarte, pero, eso sí, suficiente para enamorarme, desilusionarme y enamorarme otra vez condicionalmente, si hay un tema que me hubiera gustado abordar, un detalle que querría comentar, una cosita que— ahora te lo digo, coño, tía. ¡Por favor, aprende ya español! ¿Qué? Pues eso, lo he dicho. Si te soy sincero, no lo puedo soportar más. Ya me he quejado en todos los bares de Madrid, a todos mis amigos, a los camareros, a los desconocidos, … Continue reading Una cosa

Le covenant

J’ai construit ma ville françaiseDans les marais aux alluvions d’un fleuveÉtroit et impétueux habité par un dragonAvec lequel j’ai fait un covenantSigné de sang de mon côtéDe lave brûlante du côté du monstreQui est censé gérer ma relation avec la langueEn balançant entre le feu et le glacierEntre la déchirure et la tendresseLes mâts des mots et les nœuds de l’onomatopéeDans ce traité, les deux parties s’accordentAprès en avoir longuement discuté, sur les points clésIndiqués ci-dessous Un : je ne parle pas russe Deux : le russe ne me dérange pas Trois : on est libre d’écrire à son gré … Continue reading Le covenant

Un reflet

Un reflet du tronc noir qui se tortueEn synchronie avec un chant du pinsonLà où les couleurs s’entrelacent et s’entretuentEt où l’on pense apercevoir les ondes Les orifices d’une soirée en sépiaOù s’insèrent les bras en azur clairPour écoper tant que faire se peutL’eau noire du crépuscule qui s’insinue Dans l’immensité du jour qui s’en vaPar les fissures entre les façadesDont un minime morceau peut-être sauvaLa main du faiseur de selfies Les cyprès le marbre les herbes la chaleurLes antennes les briques un supermarché ferméUn nuage oblique étiré entre l’orange et le bleuEt bien d’autres choses qu’on ne sait pas … Continue reading Un reflet

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Un nuage en forme de baleineUn nuage en forme d’un squelette de baleineLes nuages qui mangentLes nuages qui évacuentL’excès de l’électricitéSur la citéLes nuages qui passentLes nuages musclesLes nuages dosLes nuages nuquesLes nuages marteauxLes nuages baisersLes nuages chapeauxLes nuages sans formeLes nuages cœursLes nuages qui s’entrelacentLes nuages qui se blottissent à l’azurLe faisant céladonSi rosesSi douxSi lentsQu’on ressusciteSur le point où vacille la nuitL’amour et son tissuQui ont les mêmes couleurs Continue reading ***

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Une vie qui point d’un corpsD’un corps qui se perche par la fenêtreLa fenêtre faite dans un siècleUn siècle qui point aussiD’une masse des sièclesFaisant des cerclesSur la surface d’on ne sait quoiMais qui est là là on est sûrCe qui fait que les nuages lentsSe coupent en formes rectangulairesEt que la silhouette d’une femmeSe mue en silhouette d’un cygneEt que le cygne devient l’IrlandeEt que le vert devient plus sombreEt les fenêtres deviennent orangesEt les murs mouillées se blottissentL’un contre l’autre comme les corpsDes couples in loveDes souverains fousDes soldats mortsDes point-virgulesDes textes classiquesQu’on écrit au moment même de … Continue reading ***

Un trou bleu

Un trou bleu sur le ciel troubléUn pinson qui fait signe au sapiensUn mercenaire des airs ambivalentsQue l’horizon essaie d’assassinerMais les lilas mais les tilleuls mais les bouleauxLe font renaître de leurs entrailles mauvesEn aspergeant la masse nébuleuseMortellement mitraillée par le bleuDes silhouettes ailées qui s’accélèrentÀ mesure que le bleu se fonceEt que le rouge épuise ses ressourcesDe rougissement et le noir surgitDes fissures entre les façades et les façadesQu’on appelle ciel même si l’on dit ça en souriantCar on ne dit pas ciel dans le contexte socialPinson on ne dit pas non plus ni sapiensMercenaire si mais c’est une … Continue reading Un trou bleu

En cas de chaos

En cas de chaosNe bougez pas trop viteRestez calme et limpideRestez dense et solideNe vous vaporisez pasEt veillez que les yeuxNe sortent pas des orbitesOù ils sont déposésPar les forces du hasardEt un peu par les autresCelles de nécessitéEt de morositéDes affaires terrestresEt aussi de l’intérêtTout à fait naturelPour les choses qui sortentDes personnes et des autresChoses qui se produisentQuand personnes se rencontrentEt les autres encoreQu’il serait trop encombrantDe mentionner iciCar le message est clairEn cas de chaosNe quittez pas votre corpsN’écoutez que votre cœurNe goutez pas de vodkaDe panique qu’on vous offreMais plutôt du décafOf the fuck you don’t … Continue reading En cas de chaos

Banquet

Le mot « banquet », bénin et simple, emprunté du français et jeté dans le chaudron du russe, où, après une brève ébullition, il signifie tout cela : les cafés souterrains dans les profondeurs de la province, свидетели на свадьбе qui dansent comme des fous, разорванные рубашки, красные глаза на зернистых фото, стены, окрашенные в зеленый, toujours зеленый, который отзывается столькими реверберациями в застенках памяти: школьные коридоры, школьная столовая, продовольственные талоны на месяц, которые спускаешь за неделю, покупая первым делом шипучую и выползающую коричнево-желанной пеной из неумело взломанного отверстия-откуда-пить колу, la lumière fanée des cafés où l’on fête les annivs, … Continue reading Banquet

Салат

Среди чашек и бликов, голосов скрипучих и звонких, сквозняков и цыганских вожжей, засохшей грязи в колеях на переулке и прозрачной зелени осоки, просеивающей полуденный свет, затерялись мои ориентиры — вещи и события, за которые держится рука, когда через толщу геологических пластов своих собственных повторений пытаешься нащупать то, к чему действительно подходит слово «реальность» — не потому, что оно попадается тебе на странице открытой наугад книги в сельской библиотеке, где на бумаге проступают темные пятнышки, когда ее просвечивает висящее за пыльным окном чеховское солнце, а потому что это слово вдруг само сваливается с языка, как остаток куриной грудки, упорно вылавливаемый из … Continue reading Салат