L’Indonésie

L’Indonésie elle est si loin
Son nom Lina le seul souvenir
Qui reste après que s’explosa
En mille morceaux l’adolescence
Puis s’assembla en sarcophage
Où se conserve l’amour ou presque
Ses trente-cinq ans mes quarante-deux
L’éternité cousue silence
Des corridors qui nous résistent
Quand on essaie de s’approcher
La messagerie instantanée
La porte bouchée par transparence
Les étendues du bleu intense
Les îles scindées par les maelströms
Les mains si minces que le soleil
Au lieu d’en faire une silhouette
Les mêle aux filaments du lin
Les lèvres luisantes les lèvres aimées
Les mots qui naissent dans l’air humide
Puis se propagent mais pas trop loin
Les mares les terres le patrimoine
D’un rire extrait d’un printemps blanc
Figé dans l’ambre d’un soir rougeâtre
Que perce la perspective Lénine
Et Gagarine devenu cadran
Où la rêverie et les paroles
Et les tilleuls et les boutiques
Et les alcools se mêlent en un
Et les contours des continents
Et les messages non envoyés
Ne sont qu’un pur prétexte pour dire
Ton nom comme s’il était le mien