Les taches

Les taches
De lumière
Sur le pavé incertain
C’est incertain
La transparence
La verdure la verdure la verdure
Le gris de l’asphalte un morceau
De la rue
Que coupe
La façade
Incertaine
C’est incertain
Les jambes courbées d’un homme
Qui court
Comme elles s’amincissent
Sous les effets de la lumière
Qui les enveloppe
L’homme qui court
N’a aucune connaissance de la part
De l’univers très lointain
Où il n’y a rien mais vraiment rien
Rien rien rien
Rien pendant des millions de parsecs
On ne peut pas savoir ça
En regardant le pavé taché par la lumière
Les ocelles de lumière
Couvrant l’aile transparente d’une libellule
Mal assemblée d’une ruelle et deux maisons
Une métaphore mal formée
Qui tombe de l’arbre lui poignardé
Par un rayon tellement pur
Qu’on dirait je divorce
De toi matérialisme
Et j’épouse
Toi Henri Bergson
L’arbre qui inclut
Une grande partie de l’univers observable
Où il y a de tout
Des jours ouvrables et des jours fériés
D’eucaryotes des bulles financières
Des hommes qui courent et des nuages dorés
De la verdure crue et des vins tempérés
De la Bourgogne et du Berlin de l’ombre
De la plénitude et de la vacuité
Et de la transparence
Surtout de la transparence
Les ocelles blanc-bleues
Sur les ailes des insectes
De la taille de maison
De la craquelure des troncs des tilleuls
Qui couvre le blanc fuyant de l’azur
Mais celle qui regarde
Mais celle qui observe
Mais celle qui se dit
À voix basse ça va
Elle seule est certaine