Quelque chose de plus grand

Il y a toujours quelque chose de plus grand. Plus grand que tous les problèmes que nous avons en face de nous, plus grand que le défi de l’intelligence artificielle générale, plus lourd que toutes les ogives nucléaires de tous les pays du monde — construites, déjà utilisées et pas encore installées — plus grave que la crise sanitaire et plus profond que la crise climatique, plus vaste que la mer méditerranéenne autour d’un petit bateau gonflable avec une douzaine de migrants qui ont raté la côte d’Italie, plus élevé que le niveau de vigilance en septembre 2015, tout calme, tout immobile et complètement vide.

Quelque chose qui est toujours autour de tout autre chose. Cette chose qui est là parce que c’est « là » qui l’est. Celle qui s’en fout de tout sauf sa réalité — et ça, seulement parce que la réalité, c’est elle aussi. Celle qui fait bouger ses mondes rocheux, inclinés sur leurs axes et bizarrement placés l’un par rapport aux autres, les fait tourner autour de boules de feu, rouler des pierres, se couvrir de forêts, amasser des plantes fossilisées, des héritages de civilisations, faire retentir les débats de patriciens dans des amphithéâtres et, plus tard, les voix de touristes dans des ruines d’amphithéâtres, celle qui dévie la lumière et la dirige vers les lentilles d’un homme curieux dans un drôle de chapeau, encore trop floues, les lentilles, l’homme, les deux, mais déjà suffisamment puissantes pour deviner ce qui se passe, celle qui s’observe de loin et se dit, mais voyons, quand même, mais j’ai un feeling, mesdames et messieurs, aussi surprenant et inouï que cela puisse vous paraître, et aussi cher que cela puisse me coûter si on le regarde du point de vue de géocentrique — que Votre Majesté ne se mette pas en colère à cause de mon audace inédite et que Votre Sainteté ne pense pas que je veux mettre en doute l’indiscutable fait que la Terre est au centre du monde, mais — mais — mais — je zoome encore un peu, voilà, comme ça, pour que vous voyiez mieux le tableau d’ensemble — voici le Jupiter et voici ses quatre lunes, et voici leur message — comme ça, j’espère que vous pouvez le lire facilement : « JE — SUIS — RÉEL ».

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