Дом

В доме на даче было два входа — один парадный, который еще назывался «крыльцо», куда выходил долгий рейчатый коридор, из коридора дедушка, из дедушки дым, из дыма еще дым, дым крепких дымных папирос, смешивавшийся с кустарниками в солнечную дырочку и ягодную точечку; второй вход — «черный», или еще «задний», со стороны кухни, откуда выходила бабушка, запахи кухни, грохот кастрюль и поварешек, шипение жарящихся блинов, катание скалки и избыток сладких сумерек, накапливавшийся в доме за ночь и просачивавшийся наружу с наступлением утра, когда кухонная дверь на пружине взламывала покрытую росой плоскость красного фасада, выпуская хрупкую бабушкину фигуру в пуловере поверх пижамы … Continue reading Дом

La monotonie

Les vagues du temps qui me lancentVers la muraille lisse des joursQui m’éclaboussent quand j’avanceEt qui m’attrapent quand je chute Les eaux gluantes des nuits amèresOù bercent les algues du sommeilLes innombrables faibles chimèresNées d’amalgames de moi-même La balbutie des jours qui passentLe clapotement des heures qui coulentLe long des rues qui, elles, s’évasentDevant les yeux d’un somnambule La sérénade incessanteQue siffle en boucle le ciel moisiEn pourléchant les fenêtres luisantesAvec sa langue cramoisie Monotonie tu as mon âmeTu as mon cœur et mes poumonsTu fixes sur moi tes yeux macabresCataractés d’appartements Tu as mon suc et mon sangTu as … Continue reading La monotonie

Le mouvement

Le jour pur et durSe mue en doux soirLaissant place à la nuitDans le vaste pourrissoirDu passé du présentDe l’impalpable futurOù l’âme vaguement pressentSes prochaines amertumesL’azur devient le noirLumière devient ténèbresL’homme joue son humble partEt l’homme resserre ses lèvres Continue reading Le mouvement

Le brouillard

Les réverbères coupent l’airLeurs rais s’occupent de l’hiverQui, grand et sombre, s’affaissaSur le monceau de raides façades Les rues se courbent autour des rouesLes murs attrapent les voix qui hurlentLes roues, eux, roulent, les voix, eux, raillentLe noir miroite entre les rails La ville saumure dans le brouillardSes formes mornes, ses toits rigidesSes citadins, ses âmes trouillardesN’osant sortir de leurs gîtes Les minces palmures de la lumièreRemuent doucement la nuit gluanteLes immuables réverbèresSortent de leurs stalles dans l’asphalte L’essaim de grandes tortues marinesPar la fêlure dans l’aquariumSous le couvert de la bruineSe file lentement dans l’océan Continue reading Le brouillard

L’étain de l’aube

L’étain de l’aube qui brasilleAu fond des grands chaudrons des ruesD’où les lueurs de domicilesS’envolent comme la cendre et où Les songes se brassent les mains s’intriquentLes lèvres s’ouvrent les creux résonnentDes sons de pas-encore-répliquesJetées par pas-encore-personnes Les gouttes de bruine sur le pare-briseÉtouffent le feu sous la chaudièreQui s’aplatit et se taritQuand on avance dans le quartier Le moule des jours sculpté des toitsForgé par les marteaux de nuagesLà glisse la livide étoileGrattée par le pique-feu d’étages Une braise d’amour une bave d’espoirPétillent toujours dans les ténèbresLe jour indiscernable du soirLes mots inséparables des lèvres Une fenêtre orange qui … Continue reading L’étain de l’aube

Saint-Pétersbourg

Les yeux des ponts de PétersbourgLes pigeons mauves sur vos sourcilsLes larmes figées des sombres toursQu’émane la ville de ses lacis L’impénétrable coucher radieuxDerrière lequel s’étend le videContenant encore un peu de dieuGrouillant de l’injoignable vie Les couches du bleu les couches du vertLes touches du rouge pour les colonnesQui, comme en hésitant, s’insèrentDans les serrures versicolores Les taches du jaune pour les lumièresQui tendent leurs souples tentaculesDes lisses quais dans la rivièreFrôlant le jour qui recule Les cours parfaitement circulairesD’où lancent leurs vols saisonniersLes lignes de linge irrégulièresVers l’azur sillonné des nefs Les âmes des hommes les âmes des … Continue reading Saint-Pétersbourg

La pêche

Les murs catchés dans le filet des ombresQue jette sur eux le pêcheur du matinLes fenêtres qui tressaillent sur les flancs des immeublesComme les branchies d’un poisson haletantLe jour se lève, l’étoile s’arronditUne autre truite pantelante s’ajouteÀ un amas de pêche qui granditSur le pont du bateau glissant d’écailles des jours Continue reading La pêche

СПб

Расплывчатый оникс небаВ оправе заневских карнизовЗа вычетом пары планетИссиня-дворцово-сизый Костлявая божья дланьШуйца ли десница лиОтмахивает джетлагЗаката тире зари Высокие этажиСмеются кроша бетонНаследия в кислые щиРождественской маеты Мечтает взобравшись на шпильПонурая Сейлор МунКак треснув апрель зашипитИ как прибежит июнь Железные балюстрадыНаморщенная рекаПроглоченные мостамиБесперые облака Течение темнотыМеж линиями В. О.Прихожие и котыДрожание альвеол Пустые залы музеевНедвижные марши лестницШартрезно-литейно-рассеянныйТрубу зацепивший месяц В карманах поношенной мглыНадетой поверх пижамыНа улицы и углыЗаезжего парижанина Среди разноцветных экрановОберток записок окурковТы ищешь бесценный аграфПотерянный мной Петербург Continue reading СПб

Les nuages

Les nuages qui sortent du boulangerJaunes, chauds, mous, graisseux et glissantsPour passer au-dessus des mâchoires des quartiersQui les rongeront, laissant tomber des miettes sur leurs façades Les nuages frais, brunis, disposés sur la nappe de l’azurComme des pâtés sur le comptoir dans la cuisineOù se mêlent en un incessant murmureLe clapotement d’eau, la friture et la balbutie Un jour d’été — je ne sais quel mois ni quelle annéeLa porte claque l’air chaud s’engouffre dans le salonLe vert des feuilles le blanc des cheveux le rouge des peaux tannéesSuintent à travers les fentes d’une spacieuse maison Les lames dans le … Continue reading Les nuages

Un corbeau

Un corbeau tombe par terreLa terre gluante et molleTrempée des pleurs d’étéDont les jambes s’étiolent Sous les bourrasques d’ivrogneDu vent de mi-octobreQui coupe en polygonesLes clairs et les sombres Restants du temps qui passeQui rampe et qui colleAvec ses mains fadassesAux grilles des balcons Les entourant des feuillesComme des doigts lividesD’un fou ou d’une folleQui ont changé d’avis Le vent les coupe netLe vent se montre fortLe vent se montre honnêteLe vent se montre profond Le vent qui sent l’alcoolMi-mois mi-tourmenteQui coupe et qui colleLes corps aux vêtements Les fenêtres aux personnesLes lèvres aux mots blessantsLes âmes mollassonnesÀ ceux qui … Continue reading Un corbeau